samedi, novembre 15, 2008

Mémoire, Mémoire (Part 6)

26 septembre

Les feuilles tombent déjà. C'est depuis quelques jours l'antichambre de la morte saison. L'automne prend place, le vent est froid, et moi, je sombre. J'ai les pieds au bord de sa tombe, au milieu des fleurs mortes, dans ce monde de plastique j'essaie de vaincre le mensonge. De quoi sommes-nous certains, ici, en ce monde, de quoi sommes-nous certains?

Le ciel se couvre, le vent se lève, et les cordes de l'automne semblent tout à coup vibrer avec plus de ferveur. C'est tout un orchestre qui couve les morts. Entre les tombes, entre les pierres, un murmure court et trébuche - mes larmes sont des fantômes sur mon visage - ce murmure, ce secret chuchotement, comme d'une obscure messe des centaines de voix semblent s'élever. Et dans ce cœur d'épitaphes mes pleurs sont de perles, sous la pluie, sous l'orage il n'existe aucune larme, ce cristal salé entre en scène comme un souffle de banalité, comme une ombre de souvenir laissant place à une silhouette plus menaçante, celle de l'oubli.

Et ce spectre, devant mes yeux, c'est l'enfant éternel qui me sourit. Dans son regard pas l'ombre d'un malheur, juste le flou d'un mensonge maladroitement dissimulé. Est-ce sa fragilité, cette faiblesse infime qui parait comme d'une extraordinaire innocence? Est-ce de la douleur? Ce n'est qu'un souvenir, et la mémoire tue.

C'était il y a quatre jours, son cercueil était noir, et lui était de la couleur du marbre. Il n'y eut pas de clocher, pas de prêtre, pas de prière, ni la glace hypocrite de quelques chuchotements, pas même l'espoir d'un au-delà. Tout s'est fait sans Dieu. Il n'y avait alors le pesant silence de son cadavre.

Où est-il parti?

J'ai regardé dans le ciel, il n'y avait pas une étoile de plus, pas même une comète, ni une seule trainée de poussière blanche.

Juste trois lignes dans un journal.

La page des morts.

Et s'il est une étoile, il est prisonnier de ses yeux. S'il est une comète, il l'est juste en mon cœur, glacial et brûlant. S'il est une trainée de poussière, il est cette ombre blanche, dans son cercueil, qui nourrit les vers.

Et la seule marche funèbre était celle de nos pas.

Attends, Phileas, j'ai trop peur de la triste vision que tu auras de cette histoire, de ces cadavres, tout cela est tellement absurde, n'est-ce pas?

Je me suis imaginé cette scène tellement de fois que la vivre réellement était quelque chose d'effroyable. Tandis qu'on le plaçait en cercueil comme un pantin en boite, il me semblait que c'était mon cœur qu'on exilait sous terre. Car il m'était résolument impossible d'oublier qu'au moment de se pendre, c'était à moi qu'il pensait.
Je m'étais écarté de la foule. Moi l'assassin attendait d'être seul pour affronter sa tombe. Je les voyais pleurer, je les voyais souffrir, et c'est mon ombre qui planait sous toutes ses larmes. Leurs sanglots étaient avec l'automne la confirmation d'un deuil. Adieu la vie, Adieu bonheur, Adieu sa vie, Adieu.

Et maintenant, Phileas, et maintenant?

De quoi es-tu certain?

Es-tu vraiment vivant?

Mémoire, Mémoire (part 5)

22 septembre

(lettre collée dans le journal de Phileas)

Cher Phileas,

Aujourd'hui, ça ne va pas bien. Aujourd'hui, en fait, au moment où tu liras cette lettre, je serai mort. Je n'ai jamais été très fort pour les lettres, et encore moins pour les lettres d'adieu. Je n'espère pas me rater, j'ai toujours voulu quitter cette Terre. Je n'étais pas sur mon monde, je n'étais pas à ma place (peut-être ne l'ai-je pas trouvé, tout simplement). Mais je suis fatigué de chercher, épuisé, en fait, j'en suis mort.

Je voulais juste te dire une chose, stupide, et tellement absurde que les mots ne me viennent pas. Je voulais juste te dire que je tenais beaucoup à toi, je t'aime, en fait. Voilà, je l'ai dit, et maintenant, je pleure. Tu étais ma seule raison de vivre, mais le désespoir est trop fort. Je tombe.

Je t'aime, oublie moi.

Adieu.

mercredi, novembre 05, 2008

Hope : Thank you America!










L'espoir, c'est sans aucun doute l'espoir qui vient après cette victoire. Cette nuit, le premier noir à pourvoir prétendre à la maison blanche est devenu le premier noir président des Etats-unis. Cette victoire est d'autant plus belle qu'elle s'accompagne de chiffres impressionants (taux de participation les plus élevés depuis 1908, victoire écrasante à 347 grand électeurs contre 150) et de scènes de liesse impressionantes autour du monde. Au Kenya, pays natal du père d'Obama, les écoles resterons fermés, car aujourd'hui, c'est un jour ferié, en afrique, en asie, en europe, dans le monde entier on aplaudit cette victoire qui est plus qu'une victoire de candidat, c'est la victoire de l'espoir, et du monde.

Espoir car si le pays qui a assassiné Martin Luther King élit un président noir, c'est que TOUT est possible. Oui, nous le pouvons, nous pouvons croire en des valeurs qui rassemblent, et qui ont rassemblées tant d'américains, telles que la fraternité, l'égalité entre les peuples, l'unité, la solidarité, et l'espoir. Il semblait pourtant bien illusoir de croire en quelque chose d'aussi fragile que l'espoir, mais cela, c'était avant qu'Obama arrive.

Et quel formidable engouement qu'un peuple qui se réveille, et qui envoie un message fort au monde entier, un message de solidarité et de partage, car c'est cela, aussi, l'espoir, c'est le partage des valeurs.

Et maintenant, il est temps de changer le monde. Car c'est CE président qu'il fallait à l'amérique. Un président qui se prendra pas pour le policier du monde, comme l'espèce d'insipide cow-boy qui a précédé, et comme celui auquel on a échapé. Maintenant, nous pouvons changer la donne, tendre la main aux minorités oprimées qui nous crient depuis trop longtemps: "aidez-nous".

Il ne pourra pas tout faire, me glisse ma prudence à mon oreille. Non, il ne pourra pas tout faire, car un seul homme ne peut pas changer le monde, même si désormais il fait partie de ceux qui l'ont plus changé que quiconque. Non, il ne pourra pas tout faire, car c'est à NOUS TOUS de changer le monde, de continuer vers cet espoir, l'espoir d'un monde meilleur aue celui dans lequel nous vivons. C'est à nous de l'aider, partout dans le monde, à réaliser le rêve de paix et de justice que de tout temps les peuples ont poursuivis.

Thank you, America!

Nous avions un rêve, et le rêve commence.

mardi, novembre 04, 2008

Nuit d'avril : c'est terminé.

Les Editions Nuits d'avril ferment leurs portes, elles ont notamment fait connaitre Sire Cédric, ont publiés nombre de livre de qualité, mais comme toute les structures indépendantes, elles sont les première à connaitre la crise.

J'espère de tout coeur que nous pourrons un jour revoir des maisons d'édition indépendantes refleurir.

lundi, octobre 27, 2008

Mémoire, Mémoire (Part 4)

18 septembre

J'ai en moi une ombre que je ne peux fuir, ce mensonge sec et venimeux, atroce, comme un désert, j'ai en moi cette étendue infinie où je marche comme sur du verre. C'est comme une ombre brisée, la cassure entre vie et mort, c'est comme un besoin de m'automutiler, cette ombre - sans nul doute que c'est une fin - cette ombre haineuse qui gronde et qui menace, cette ombre surhumaine, ce feu, cette étincelle, c'est ma folie.

Assurément, MA démence.

Mais que faire sans ce regard constamment tourné sur mon âme, que faire sans cette lumière qui éclaire mon chemin. Il est autant torture que soleil, il est ma nuit, ma vie, il ce trou noir en mon cœur, il est mon sang et mon ennui.

Ne reste maintenant que cette note infinie, sous les lourds nuages, ne reste que cette musique éternelle, cette ombre dans mon esprit. C'est dans l'atmosphère que flotte cette mélodie, cette note perpétuelle, et pourtant éphémère, qui se répète sur le piano, qui dévale les rythmes et autant de tonalités, qui tue, qui assassine toute nuance et toute beauté. Ne reste alors ici que le grâce totalitaire d'une note égarée, et pourtant déterminée, qui marche, qui court, à l'assaut de toute liberté.
C'est ce fascisme qui me dirige, cette prison où je m'ennuie, et loin de toute morale et de tout respect, petit à petit (si grand, si grand) je me reconstruit. Sans l'ombre d'un doute mais sur l'ombre du doute, je suis plus fort mais plus cruel, je suis, et pour toujours - pour toujours - le monstre que j'ai toujours rêvé d'être.

Alors Adieu, monde stupide, trop faible, trop frêle pour mes pas de géant, j'avance tranquille vers la mort et les bras ouverts, les bras en croix je suis ce nouveau martyr qui court vers cette amante au baiser d'acier, cette ombre de glace au plus loin du sourire, vers ce crâne, ce miroir dans le noir qu'au loin je vois luire.

Adieu, et pour seule lumière vous n'aurez que ce fragile soleil, ce faible soleil, ce ridicule soleil, je vous vole ma lune et vous laisse - grands brûlés - dans l'ombre inexistante de ce despote soleil.

Et pour l'instant j'arrête, je meurs à l'écrit, je subsiste comme un rat en ce monde, je m'éteins l'esprit.

J'étais pourtant lumière, j'étais pensée, j'étais conscience...

Et me voilà ombre, haine, monstre. Me voilà contraire, me voilà rat, me voilà, et parasite!
Et ombre, à tous, ombre, pour tous, ombre, pour toujours, ombre, à jamais, ombre, et juste, faux, ombre, et juste une ombre.

______________________________

C'était pourtant si facile d'écrire ce tas d'immondices. Tu vois, Phileas, c'était juste une tempête, seulement un avis de passage, une bourrasque. Violent, certes, mais qu'air, ce n'était qu'un vent. Sèche tes larmes. Je me suis effondré, j'étais en pleurs, sur ma feuille. Il y a des moments où l'on est juste esclave de sa plume, on n'est plus son ombre, ce qui pour un instant nous semble infini. Mais il est une chose plus atroce encore, c'est de se reconnaître dans toutes ces horreurs. Il est horrible de se voir dans ce tas de déchets. C'est en effet ma décharge, et peut-être suis-je aussi sur la chaise électrique, car après les avoir jetés, il reviennent plus forts, et cela fait plus mal.
Je me demande si c'est une chance de pour accoucher tout ça. Pas de réponse.

20h10, et une image me vient. Lui, bien sûr - qui d'autre ? - et je me vois à son enterrement.

Efface, efface, c'est atroce.

Efface, s'il te plait.

Phileas, t'es vraiment trop con, ça fait mal.

20h15, la même image.

20h20, la même image.

20h25, toujours cette image.

20h30, le téléphone sonne.

...

20h35, il est mort.

vendredi, octobre 17, 2008

Je cracherai sur notre hymne.

Allons enfants de la Patrie
Le jour de gloire est arrivé
Contre nous de la tyrannie
L'étendard sanglant est levé {2x}
Entendez vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats
Ils viennent jusque dans vos bras,
Egorger vos fils, vos compagnes

{Refrain:}
Aux armes citoyens ! Formez vos bataillons !
Marchons, marchons,
Qu'un sang impur abreuve nos sillons

Que veut cette horde d'esclaves
De traîtres, de Rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? {2x}
Français ! pour nous, ah ! quel outrage !
Quels transports il doit exciter !
C'est nous qu'on ose méditer
De rendre à l'antique esclavage !

{au Refrain}

Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers ?
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers {2x}
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient,
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées ?

{au Refrain}

Tremblez, tyrans ! et vous, perfides,
L'opprobe de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leur prix {2x}.
Tout est soldat pour vous combattre,
S'ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux
Contre vous tous prêts à se battre

{au Refrain}

Français ! en guerriers magnanimes
Portez ou retenez vos coups.
Epargnez ces tristes victimes
A regret s'armant contre nous {2x}.
Mais le despote sanguinaire,
Mais les complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui sans pitié
Déchirent le sein de leur mère

{au Refrain}

Amour sacré de la Patrie
Conduis, soutiens nos bras vengeurs !
Liberté, Liberté chérie !
Combats avec tes défenseurs {2x}.
Sous nos drapeaux, que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirant
Voient ton triomphe et notre gloire !

{au Refrain}

Nous entrerons dans la carrière,
Quand nos aînés n'y seront plus
Nous y trouverons leur poussière
Et les traces de leurs vertus. {2x}
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre !

{au Refrain}


Lisez les paroles. Je ne me place dans aucun camps. Ni dans celui qui siffle pour haïr, ni dans l'autre qui punit pour paraître. Je cite juste un des hymnes les plus violents de monde, un hymne indigne de notre démocratie, des paroles qui parlent de "sang impur" (souvenez vous de 1940?), ma foi si elles représentent la France, alors je ne suis pas français. Et je crache sur votre hymne car votre hymne n'est pas humain. Il est indigne.

Ayant eu hier quelques problèmes de connections, j'ai été obligé d'écourter ce message. Donc je l'édite, et je continue.

Et est -ce quelqu'un s'est posé la question: Est-ce vraiment la marseillaise qui a été sifflée? n'est-ce pas plutôt l'horrible voix chevrotante de Lââm? Ou plus sérieusement, la politique actuelle de la France?
Ce qui me fait rire le plus, c'est cette capacité qu'a ce gouvernement de réagir au quart de tour, avec des sanctions intenables, et qui ressemblent plus à des subtilité de prestidigitateur qu'à un réel effort de réflexion sur la question. Car pendant trois jours, vous l'aurez sans doute remarqué, cette histoire, cinq minutes dasn tout le match, à monopolisé les médias, et nos oreilles. C'est ce que l'on appelle de la polution médiatique.
Parlons ainsi de leurs propositions. Ne plus jouer contre un pays du Maghreb. Ma foi, si personne n'y voit un embryon de sentiment raciste, c'est qu'il y a un gros problème sur ce point là en France. Allons plus encore: 2vacuer un stade si la marseillaise est de nouveau sifflée. Chiche! Allez expliquer à 80000 personnes qui ont payés leurs places qu'il faut partir parce que 2000 d'entre eux (à peine) on sifflés la fierté nationale. Le syndicat policier s'inquiète, car ce sont évidement les flics qui vont en prendre plein la gueule.

Alors ainsi, oublions ce qu'il se passe en ce moment. On sauve les meubles du capitalisme en refusant de reconnaitre que le neolibéralisme est fini, on perd tellement d'argent fictif que notre argent réel ne peut pas équilibrer, on essaie de sauver un système en débloquant des milliards, alors que cet argent suffirait à anéantir la faim dans le monde.

Immoral? Vous avez dit immoral?

Mémoire, Mémoire (Part 3)

16 septembre

Aujourd'hui, la pluie, le gris, l'automne, le vent, la brume.

Tout plonge, même mes souvenirs, c'est horrible, mon passé me harcèle. Il faut que j'arrête. Tout, et surtout d'exister.

Trop peur de souffrir.

Adieu.

17 Septembre

Ce qu'il y a d'angoissant, dans la folie, c'est que l'on n'en voit pas le début. Sa fin est alors une chose totalement abstraite, peut-être parce qu'incarnée par la mort, cet achèvement nous semble la fin du monde, et plus encore la fin d'une vie. La folie est quelques chose d'inconscient, et le seul élément qui nous sépare des autres est le monde dans lequel on vit. Car au fond, nous sommes - nous autres fous - normaux à notre manière, ainsi la seule folie qui existe (je veux dire qui existe vraiment) c'est de n'être jamais compris. Ce n'est alors pas notre folie, c'est seulement que la raison des autres ne nous accepte pas, c'est la folie d'un monde.

Ainsi l'humanité est dirigée par son propre ridicule. Elle fait semblant d'être maître même si elle ne règne que sur du vide. Et en cela, il a une autre forme de folie, d'autant plus dangereuse qu'elle s'ignore à elle même.

C'est comme cela que je vois le monde, un immense mensonge, ou pire qu'une imposture, la plus grande ignorance. La vie est une absurdité, ce qui en découle est d'une absurdité, et ce qui l'achève - avec force beauté - est dans l'absolu fort douloureux.

Il y a un monde entre deux entité, il y a un abîme entre vie et mort, une cassure insondable où nous nous trouvons tous, et cela face à nous même. Et ce n'est pas noir que de dire cela, il faut juste l'accepter, non comme une fatalité, mais comme l'essence de notre existence. Nous sommes tous entre passé et futur, tous entre vie et mort, car au fond, nous vivons tous sous cette menace, nous rions tous dans la peur de la fin, nous n'existons qu'à l'unique condition de finir d'exister. Il faut mourir pour être certain d'avoir été vivant.

Enfin sorti de ces angoisses réflexives, essayant vainement de calmer ce mal de tête, je mets mon manteau et sort un peu sous la pluie. La ville morte, de ses trottoirs sales jusqu'à ses immeubles en ruine, me sourit, et de cette cynique courbe édentée s'échappe l'éternelle musique - si laide et pourtant si nécessaire - de l'humanité grouillante dans cette sinistre fourmilière. Il n'y a plus un chat, plus un corbeau sous le voile sombre qui tombe lentement. Il n'y a plus un cœur vivant, si ce n'est cette loque à peine palpitante qui tremble un peu dans ma poitrine. Il n'y a plus une vie, plus un souffle digne au dehors, on n'entend plus que le grincement des morts et les dents des rats, et dans les déchets de notre sublime humanité, au fil du temps, grandit une autre forme de pourriture.

C'est la mot haine que j'aimerai placer sur ce monde, ce monde qui hait, qui est haï, et qui fabrique lui-même la substance de tout ses maux, comme une pauvre bête qui n'est souffrance que pour lui même, où ce monstre qui, à la marge de notre univers, se délecte de ses plaies pour être et paraître martyr.

Cette haine, je lai pour vous tous. Cette haine est mon sang, c'est mon poison. Cette haine, et la folie ne peut pas l'arrêter, cette haine qui me ronge est celle qui, plus que de me faire souffrir, me fait vivre et exister. Sans cette moisissure nauséabonde, je ne me sens plus moi-même, je m'excède jusque dans ma façon de souffrir, cette manière un peu gauche de s'automutiler sur le sanglant autel de mes angoisses. En haïssant, j'ai enfin une raison de souffrir, et donc de pleurer.

17 septembre et déjà je m'ennuie. Depuis ma nouvelle vie, tout à changé, et lentement, la douleur recommence à me posséder.

Et je m'ennuie plus encore à cause de tous ces technocrates de la pensée qui ont la prétention de croire qu'ils peuvent théoriser l'âme. Mais quel crime! Tous ces sombres empêcheurs de vivre qui à chacun de leur mot transpirent la vanité, font de la philosophie, mais qu'est la philosophie, si ce n'est une science déguisée, cachée derrière nombre anomalies et subtilités de langages? Ces Descartes et autres Sigmund (sans doute le pire de tous)font de leur intérieur plus ou moins névrosé une vérité pour tous. Et à ceux qui nous enseigne ces obscures théories, j'aimerai hurler: Laissez-nous vivre!

En fait, j'ai toujours pensé que le principale défaut de l'Homme était justement de penser. C'est pour cela que tout nous empêche de vivre, on est constament pousser à la méfiance, au doute, au poison de l'existence.

Ainsi, sublimons ensemble, sublimons en cœur, et cyniquement, sublimons pour mieux mourir.

17 septembre, et il est toujours là. Même dans ma brume je le vois sourire.

dimanche, octobre 12, 2008

Mémoire, Mémoire (Part 2)

15 septembre.

Je me suis réveillé ce matin comme un nouveau né, aveuglé par la lumière du jour. Et de cette nuit n'est resté que l'immobile paresse dont le souvenir voilé donne à mon cœur sa raison de vivre. Je suis juste sorti du brouillard et du ciel gris, les corbeaux se sont tus devant le soleil, le ciel est bleu. Il va faire beau.
Et c'est là que j'ai su que le douleur revenait, comme une éternelle musique, un air entêtant dont je n'arriverai pas à me débarrasser. J'entendais tout, je voyais tout, je percevais tout, c'était épuisant. Pas comme cette hier où la paresse était mon seul devoir. Et puis ces yeux, cette voix, ce visage que je n'arrive pas à chasser de mon esprit. Ni ombre, ni mort, ni oubli, j'ai appris qu'il n'y aucune issue à cette agile torture de l'esprit. Juste l'attente et le temps long, laisser passer, ça ira mieux demain. Il faut juste continuer à être souriant devant l'amour qui vous tue.

Deux heures plus tard, et j'ai la certitude que quelque chose à changé, que ce jour étrange avait laissé en moi des traces de bien-être. Bien sûr, de son prénom je n'arrive qu'à placer la première lettre, comme une éternelle incapacité, où dans l'ombre, une dernière marque de respect. L..
Pourtant il n'est pas loin, juste devant moi. Il me fait un geste amical de la main, il me sourit, je lui répond, je lui souris, et puis c'est tout. C'est surtout cette perpétuelle comédie qui me tue, ce cirque, cette foire, ce théâtre de chaque instant qui dans chaque cassure vient s'insérer, pour me chuchoter, avide : "Tu es un lâche!"

Je me tairai. Je le sais, je ne lui dirai pas.

Il le saura par lui-même. Il le saura, tôt ou tard, par une lettre, par ma parole, par celle d'un autre, par déduction ou tout simplement par hasard, ses moyens de le savoir son si nombreux qu'il me sera impossible de tous les contrôler, ainsi je ne puis jurer par tout les Dieux qu'il ne le saura pas. Et pour une raison que j'ignore totalement, ça me rassure.

Cet après midi, je marchais sur la plage. Il faisait déjà un temps d'automne, le ciel bleu s'était en allé, la pluie menaçait chaque seconde que le temps accouchait. Sur mes pas, le souffle agité du vent me faisait sentir qu'il manquait les siens à mes côtés. D'autres traces, celle qui sont la promesse d'un éternel avenir, d'autres traces qui défileront encore longtemps, ensemble, peut-être même jusqu'à la mort. Allez, soyons fous, au delà de la mort, même. Et si je peux encore traverser la mort, traverser les mondes, je n'aurai qu'un Dieu, qu'un prince, qu'un roi. Je n'aurai qu'un guide, qu'une ivresse, qu'une voix, et au delà notre commun passé, nous courrons éternellement ensemble sous les bourrasque, sur le sable, dans nos pas, sur ce monde...

Je suis seul.

Et ma mémoire s'évapore. Mémoire, mémoire, et je n'ai qu'une ombre. Sans nul doute que c'est une ombre. Sans nul doute que cette torture ne peut être qu'une ombre. Une ombre. Et dans mon doute pourtant j'aperçois un semblant de lumière, une légère lueur d'espoir?

Espoir?

Espoir?

"Non, fantôme, ne pars pas!
- Je suis là, Phileas, pour toi
- Non, non, ne pars pas!
- je suis là, Phileas, je suis là..."

Et sa voix se perd, et sa voix s'efface, sa voix sombre et son image s'égare. Mais quelle porte prendre, quelle porte ouvrir, quelle porte ? Qu'importe.

Sa voix, le saviez-vous, sa voix. Ses yeux, son image.

La folie.

vendredi, octobre 10, 2008

sensations abstraites - Achèvement


AVERTISSEMENT

Ce n'est pas la fin, tout juste un début.

sensations abstraites - Amour


Sans nul doute que c'est une ombre. Une autre, une silhouette derrière nos barreaux. Mes barreaux. Ceux qui m'empêchent d'avancer vers lui, ceux qui m'empêchent, maintenant, d'écrire son nom. Il est devant, il est derrière, il est partout où j'irais, dans ma tête, dans mon cœur, dans mon âme, il est mon néant, celui où j'aime m'abandonner, dans le souvenir de sa voix, dans le noir de son regard, il est libre, et moi je suis prisonnier.
C'est de derrière les barreaux de mon cœur que je le regarde vivre et aller. C'est derrière mon âme que je le vois, que je l'aime, et que je souffre de l'aimer.

Et pourtant, c'est inévitable, invincible, incassable, l'amour est invisible et décidément trop noir.

sensations abstraites - Vie/Mort

Parce que ce qu'il y a avant n'est que souvenir, que larmes et mélancolie. Ce qu'il y a pendant est invisible, indicible, imperceptible et souvent insignifiant. Ce qu'il y a après est inconnu, noir, sûrement l'achèvement de ce cirque, de cette foire aux éclopés, de cette absurdité que tout artiste et tout Homme cherche à percer. Il se questionne, il se torture l'esprit, pour arriver à l'inévitable conclusion - et pourtant fatale - que, malheureusement et pour longtemps, nous allons tous mourir.
C'est comme un christ en croix, un prophète sans prophétie, sans même l'essence de ce qui l'a fait prophète. Il y a un vide entre deux monde, un vide entre vie et mort, un présent insondable et invisible, un blanc, une cassure.

Et c'est ce blanc, qui nous torture.

sensations abstraites - Ombre

Sans nul doute que c'est une ombre. Tout en regardant la lumière, on ne peut avancer. C'est la sortie, c'est l'issue vers la lumière, on le sait, on le veut, on le désir plus que tout au monde, mais comme si notre ombre était enchaînée, on ne parvient pas à bouger, on reste immobile dans l'obscur, n'ayant juste comme unique contentement la joie de voir les autres au dehors du néant.
Sur l'image, c'est ce noir, ce rouge figé, ces ailes pesantes qui m'empêchent de voler, ce sont mes chaînes, mon boulet, comme un éternel bagne, c'est la lumière qui me fait rêver.

sensations abstraites - Douleur

C'est cette douleur, parfois, que les mots peinent à créer. Seule l'image, le noir, le rouge, l'abstrait, la sensation brute d'inachevé, la douleur a seulement un avenir pictural. La douleur, c'est cette sensation de perdition, d'étouffement, la douleur est un hachoir, la douleur est un couteau, la douleur est une bête, un animal, la douleur est un cœur sanglant, la douleur n'est rien d'autre qu'une série d'images, un défilement incessant de souvenirs horrifiants.
Et cette douleur, sur l'image, n'est qu'autre qu'un immense bucher.

sensations abstraites - Devenir


Nous sommes tous en devenir. Nous courons tous vers l'absurde, vers ce que le monde appelle sans pudeur l'avenir. Nous sommes tous en devenir, disais-je. Et c'est par cela que l'Homme existe, car l'Homme avance, et l'Homme, sans avancer, n'est rien d'autre qu'un mort, un macchabée de plus dans le néant de l'entre-deux monde, celui, insondable des sensations abstraites. Et entre deux monde est notre avenir, cet abîme où flottent les cadavres de milliers de conscience, c'est ce que notre esprit appelle futur. Le néant, mobile, mouvant, le néant changeant, notre néant.
C'est ce noir, cette ligne, ces courbes, ces cassures, ce mouvement, cette incertitude dans le regard, c'est cette mort qui semble régner.

sensations abstraites - Silence?


Puis vient le silence, au fragile devenir, celui qui vient du morceau d'instant, celui qui surgit de toute âme à l'achèvement de son déclin, celui qui ouvre tout œil à l'angoisse d'être mort, celui qui apaise, celui perd, celui qui rassure, celui tue.
Et ce silence, ce vide, dans cette ligne, dans ce blanc, le silence est, et le blanc est silence, la ligne est, et le silence est ligne. Dans ce rouge surgit une preuve de vie, un immuable signe de mouvement, celui de la course vers le vivant, course vaine qui nous amène à la mort, course désespérée qui nous épuise, au silence roi, au roi silence, nous nous abandonnons et là, sous sa ligne, plus rien.

sensations abstraites - soleil?

Parce que sans lumière, je veux parler de la lumière véritable et unique, sans lumière on bascule dans l'entre-deux mondes. Ce néant de chaque instant où chaque mot est un crime. C'est cela, cette silhouette sortant de cette ligne sombre, c'est cela ce sang qui coule de son coeur, c'est la douleur de ne pas survivre au réveil, au sortir de l'obscur, quand le soleil est là et nous aveugle d'une fatale seconde.
Ce n'est pas de la liberté, au fond, ce n'est juste qu'une éternelle prison, le soleil, la lumière, à la joie condamné, sous la menace pourtant pourchassé, je préfère à cette douleur l'ombre diaphane de la lune qui apparaît dans la fin de la lueur du crime.